Ballade dans la Vallée des Rouets, et au Creux de l'Enfer

Un site ou plutôt deux sites, dans la continuité l'un de l'autre, sur les Bords de la Durolle ; joli cours d'eau des monts du Forez ; offre un très léger aperçu de de qu'était la vie des ouvriers couteliers de Thiers.

Si l'industrie coutelière de la capitale française du couteau peut être fière de ses six siècles d'existance, elle a cependant bien failli disparaître. Elle a dûe sa survie qu'a une spécialisation dite "haut de gamme". Elles produisent encore 70% de la consommation française de couteaux (couteaux de table, couteaux de poche, couteaux professionnels…).

La coutellerie existe depuis le 15ème siècle.  les premiers couteliers sont référencés dans les registres d’impôts. On en compte près de 200 vers l'an 1500. Et pourtant rien ne prédestinait la cité auvergnate à cette spécialisation. Il n’y a sur place ni mines de fer ou d’acier, ni carrières de meules. Mais il y a la Durolle, rivière torrentueuse qui va fournir durant des siècles l’énergie nécessaire aux moulins et usines des couteliers. Il y a aussi la formidable obstination d’une population installée sur un sol ingrat. 

Dès le 17ème siècle les couteaux de Thiers s’exportent via les ports de Bordeaux, Nantes, via l’Espagne et l’Italie jusqu’au Levant. Mais c’est au 19ème siècle que la coutellerie va connaître un essor phénoménal. En 1855 l’activité coutelière occupe 25 000 personnes. Grâce à une organisation du travail performante basée sur la parcellisation (le travail est éclaté entre une multitude d’ateliers qui n’effectue qu’une étape de la fabrication), les thiernois vont être en mesure de produire et de fournir massivement les quincailliers grossistes de France et de Navarre voire de plus loin encore…
 
De ce passé industriel, il subsiste de nombreux batiments ; certains abritant des musées (comme le Centre des Arts contemporains). le nombre de ces usine était tel, qu'elles étaient collées les unes aux autres. 

C'est au lieu-dit le "Creux de l'Enfer" connu aussi sous le nom de Vallée des usines, que l'on peut admirer l'architecture particulière de ces constructions, et, en écoutant le grondement de la Durolle, on peut imaginer sans peine, la peine qu'avait à travailler les ouvriers en ces lieux.

Plus haut dans les gorges, l'autre site, celui de la "Vallée des Rouets". se situe à la sortie de Thiers au village de Château-Gaillard

Là au départ de la ballade, deux charmantes hôtesses peuvent vous guider (4 € / adulte, 1.80 € pour les enfants) et vous commenter l'intérieur du batiment du dernier coutelier de la vallée des rouets. situé au bas d'un chemin un peu raide. Ensuite, ou, pour ceux qui ne souhaitent pas visiter ce très intèressant musée, le site offre deux parcours découvertes ; ombragés ; le long des rives de la Durolle,  jalonnés de vestiges d'anciennes constructions, de mécanisme, et d'une multitude de biefs.

Le premier parcour offre une boucle d'environ 2 heures, quant au secont tracé, il se fait sur un trajet simple. au départ de l'entrée du site. l'été un petit train touristique permet de garer le véhicule à proximité du départ du petit train.

A voir l'Album photo : Le Long de la Durolle